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Mot clé - massacre

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Charlie Hebdo : et après, que fait-on ?

Hier soir, au Conseil Municipal, l'ordre du jour a été quelque peu modifié : chaque groupe politique a pu s'exprimer sur les événements dramatiques de ce début d'année.

Mehdi Mokrani est intervenu pour le groupe Front de Gauche.

« Quand est-ce qu’on y arrive ? Là où le bonheur désaltère, où le futur se construit, sans cris, sans mecs à terre ? ».


Si je commence cette intervention par cette citation d’IAM, c’est parce que je crois que notre peuple, notre pays, notre République, doit ouvrir une nouvelle page de son histoire. Les actes immondes, intolérables, insoutenables, qui ont secoué nos consciences et notre croyance en notre capacité à faire société ne doivent pas atteindre leur but. Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. L’obscurantisme est comme tous les fascismes, il cherche la désorganisation, l’isolement, la peur, le recul de nos intelligences individuelles et collectives. Il cherche à nous rendre individuellement stérile, et collectivement vulnérables pour installer son fantasme totalitaire.

Nous avons aujourd’hui une responsabilité. Les élus de la République, de l’Elysée à notre conseil municipal ont une responsabilité. Les acteurs économiques, les institutions de tout genre ont une responsabilité. Les militants, ceux qui animent chaque jour le débat citoyen qu’ils soient des militants politiques, associatifs ou syndicaux ont une responsabilité. Les institutions religieuses ont une responsabilité. Les citoyens, tous ceux qui composent le peuple de France ont une responsabilité.

L’émergence inquiétante des fascismes, de la tuerie de Charlie hebdo au nom d’un islam qui n’aura jamais été tant trahi, de l’obscurité qui a entouré les manifs pour tous qui ont cru pendant des semaines et des mois expliquer à la société comment il fallait vivre, comment il fallait élever des enfants, comment il fallait faire l’amour également, de la victoire aux élections européennes du Front National de Marine Le Pen qui entremêle quotidiennement son positionnement anti-système à des revendications nauséabondes, peine de mort, stigmatisation aigüe et odieuse de l’étranger, de l’immigré, à la médiatisation sans précédent de penseurs sionistes ou islamophobes, à l’image de Houellebeck, Zeymour ou Finkelkraut, nous n’avons jamais tant été agressés, bafoués, pris pour des débiles, des assistés de la pensée.

Il faut dire que le terrain n’a jamais été aussi favorable. L’émergence des fascismes de toute nature, et surtout leur rapprochement, car sous couvert  de revendications différentes, voire opposées, ils servent les mêmes intérêts, les mêmes objectifs, ceux de casser le progrès pour laisser triompher la haine et de supprimer les libertés individuelles au profit d’un fantasme totalitaire.

Ce terrain favorable, c’est celui que Gramsci a décrit dans une citation effrayante d’actualité. « La crise, c’est quand le vieux monde se meurt, quand le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur, surgissent les monstres ». Citation aussi effrayante qu’elle porte en elle l’inexorable mouvement humain qui doit mener au progrès et à l’émancipation.

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Billet d’humeur du lundi

Kobanê, jusqu’à quand l’indifférence ?!

Samedi 1er novembre était une journée nationale de soutien à la lutte des kurdes. Depuis plusieurs mois, les brigades kurdes résistent aux islamistes de Daesh, elles le font seules, sans aucun soutien. Une coalition s’est peu à peu formée, menée par les Etats-Unis, hors de tout cadre.

La réponse de la France dans tout ça ? L’indifférence ! Laissons la Turquie faire. Mais justement, la Turquie reste immobile, ses chars tournés vers Kobanê, ses postes frontières fermés. Pire, le gouvernement français a même proposé l’idée voulue par la Turquie d’une zone tampon qui serait… le territoire kurde ! La belle affaire : de quoi entériner un massacre à grande échelle qui déstabiliserait encore plus une région déjà à feu et à sang.

Soyons clairs : une défaite des partisans kurdes provoquerait d’une part un massacre des populations civiles et d’autre part l’écrasement d’un mouvement de résistance progressiste. Tandis que tout le monde s’effraie de la « barbarie » de Daesh, aucune réponse politique internationale d’envergure n’est envisagée. D’autant que, pour une part, certaines puissances comme les Etats-Unis, la Turquie ou les émirats du Golfe ont pu soutenir Daesh dans la lutte contre Bachar Al Assad : comme souvent, le chaos ne vient pas de nulle part !

Face à cette situation, il est plus qu’urgent d’agir, de soutenir ceux qui résistent, d’œuvrer politiquement pour le respect du droit international. Il faut que la France, l’Union Européenne, l’ONU prennent leurs responsabilités, sans ingérence pour défendre leurs intérêts économiques ou géopolitiques, mais pour une résolution pacifique du conflit.

Le Front de Gauche d’Ivry organise une soirée-débat jeudi 6 novembre à 20h, salle Voltaire : une bonne occasion d’échanger et de mobiliser largement pour soutenir cette lutte plus qu’essentielle !

Fanny Sizorn, vice-présidente du groupe des élu-es Front de Gauche

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