La question d'Ivry-ma-Ville du mois de juin était posée par le groupe CCI : « Quel regard porte votre groupe sur le plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme présenté par Manuel Valls à Créteil le 17 avril dernier ? ». Pour le groupe Front de Gauche, Ali Algül a répondu pour exprimer notre insatisfaction d'un énième plan de communication plus que de politiques d'égalité et de droits.


Le  plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme présenté par Manuel Valls ne s'intéresse jamais aux causes, mais uniquement aux conséquences. Il  n'aura donc aucune efficacité à long terme. Aucune mesure concrète pour lutter contre le développement des inégalités, encore creusées depuis l'arrivée au pouvoir de F. Hollande. Ces inégalités sont la principale source de l'exacerbation des frustrations, des colères et des actes de haine qui dressent les gens les uns contre les autres. Il suffit de voir la courbe du chômage monter pour voir le FN progresser en même temps. Au nom de l'équilibre budgétaire, les politiques actuelles participent activement à la casse des services publics, à l'explosion de la pauvreté, du chômage. En détruisant le système social de notre république avec le projet de loi Macron, ils créent un climat d'insécurité sociale générale.

Face à cela, les mesures proposées qui privilégient la pénalisation à la prévention, en inscrivant le délit de racisme dans le code pénal, en accroissant la surveillance d’internet, ne font que durcir les conflits, radicaliser les tensions, alimenter la haine et le rejet de l’autre. Que dire des grands plans de communication, des parrainages de « célébrités », de la formation des enseignants à réagir plutôt qu’à débattre. Au lieu de se questionner sur son sens, ses valeurs et surtout leur application, la République à travers ses représentants se recroqueville, se durcit. Elle finit par institutionnaliser des discriminations à l’image du discours de M. Valls envers les Roms qui « n’auraient pas vocation à s’intégrer ».

A l’inverse, rien n’est fait pour mettre en œuvre le programme de François Hollande : quid des récépissés pour mettre un terme aux contrôles au faciès ? ; quid du droit de vote des résidents étrangers aux élections pour qu’ils soient acteurs de la république et non spectateurs voire bouc émissaire ? ; quid de la défense des droits sociaux des travailleurs étrangers dont sont trop souvent victimes les sans-papiers ? Autant de mesures qui créent de la cohésion pour faire société là où s’organise aujourd’hui la division. Il y a aussi toutes les actions, au plan local, qui sont des leviers. De la formation des agents municipaux au soutien des associations en passant par le renforcement des missions de l’EMMAD (Espace de médiation et d’accès aux droits), nos ambitions sont grandes et les propositions nombreuses pour faire reculer toutes les discriminations, pour tisser entre tous les liens qui abolissent l’exclusion.

Le meilleur moyen de lutter contre le racisme et l'antisémitisme, c'est de créer les conditions nécessaires pour garantir à chacun de trouver sa place dans la société et de vivre dignement de son travail, en clair en donnant son sens noble à la devise "Liberté, Egalité, Fraternité" de notre chère république.