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L'après Charlie : une autre France est possible !

Suite aux attentats de Charlie Hebdo, la tribune d'Ivry-ma-Ville du mois de février était consacré à une expression libre de chaque groupe. Mehdi Mokrani s'est exprimé pour le groupe des élu-es Front de Gauche d'Ivry.


« Quand est-ce qu’on y arrive ? Là où le bonheur désaltère, où le futur se construit, sans cris, sans mecs à terre ? », IAM, la fin de leur monde.


Les actes intolérables qui ont secoué nos consciences et notre capacité à faire société ne doivent pas atteindre leur but. Nous sommes à la croisée des chemins. L’obscurantisme est comme tous les fascismes, il cherche la désorganisation, l’isolement, la peur, le recul de nos intelligences individuelles et collectives. Il cherche à nous rendre individuellement stérile, et collectivement vulnérables pour installer son fantasme totalitaire.

Les fascismes progressent, de la tuerie de Charlie hebdo au nom d’un islam qui n’aura jamais été tant trahi, de l’obscurité qui a entouré les manifs pour tous qui ont cru nous expliquer comment il fallait vivre, élever des enfants, comment il fallait faire l’amour également, de la victoire aux élections européennes du Front National, à la médiatisation sans précédent de penseurs islamophobes, nous n’avons jamais tant été agressés, bafoués, pris pour des débiles, des assistés de la pensée. 

Il faut dire que le terrain n’a jamais été aussi favorable. Ce terrain favorable, c’est celui de la crise, des crises. La crise ébranle notre société. Les crises produisent de multiples divisions de notre peuple, l’encourageant ainsi au repli. La crise économique aggrave chaque jour nos vies, les difficultés s’amoncellent, les nôtres évidemment, mais aussi celles de ceux qui nous entourent qui deviennent nos concurrents, ceux qu’il faut battre, éliminer pour nous en sortir. La crise politique, depuis 2002 et l’arrivée au second tour de la présidentielle d’un fasciste, détruit nos perspectives, notre capacité à réfléchir autrement. Des années de droite violente, inégalitaire, autoritaire et raciste ont transformé  la pensée comme les rapports quotidiens entre individus. Et que dire de cette gauche complice, convertie à la pensée unique économique comme sociétale, en témoigne les graves régressions que nous connaissons depuis l’élection de F. Hollande. La crise sociétale et identitaire, alimentée pour nous diviser, pour opposer les minorités à une majorité à l’identité fantasmée. Musulmans, Rôms, Jeunes des quartiers populaires sont quotidiennement définis comme les ennemis intérieurs.

C’est cette faillite républicaine que nous devons affronter. Dans les jours qui arrivent, nous devrons relever le défi de redonner sens à notre vie commune, pour tracer un chemin de progrès pour une société de partage, de rencontre, de métissage permanent. Reprenons le chemin du progrès et de l’émancipation. Jamais nous n’avons eu tant de moyens, tant de savoirs. Nous pouvons faire de nos intelligences individuelles et collectives l’ingrédient  nécessaire pour que la tuerie de charlie hebdo n’atteigne pas son but, pour qu’au contraire nous démontrions qu’une autre France est possible. 

Mehdi Mokrani, conseiller municipal

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Charlie Hebdo : et après, que fait-on ?

Hier soir, au Conseil Municipal, l'ordre du jour a été quelque peu modifié : chaque groupe politique a pu s'exprimer sur les événements dramatiques de ce début d'année.

Mehdi Mokrani est intervenu pour le groupe Front de Gauche.

« Quand est-ce qu’on y arrive ? Là où le bonheur désaltère, où le futur se construit, sans cris, sans mecs à terre ? ».


Si je commence cette intervention par cette citation d’IAM, c’est parce que je crois que notre peuple, notre pays, notre République, doit ouvrir une nouvelle page de son histoire. Les actes immondes, intolérables, insoutenables, qui ont secoué nos consciences et notre croyance en notre capacité à faire société ne doivent pas atteindre leur but. Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins. L’obscurantisme est comme tous les fascismes, il cherche la désorganisation, l’isolement, la peur, le recul de nos intelligences individuelles et collectives. Il cherche à nous rendre individuellement stérile, et collectivement vulnérables pour installer son fantasme totalitaire.

Nous avons aujourd’hui une responsabilité. Les élus de la République, de l’Elysée à notre conseil municipal ont une responsabilité. Les acteurs économiques, les institutions de tout genre ont une responsabilité. Les militants, ceux qui animent chaque jour le débat citoyen qu’ils soient des militants politiques, associatifs ou syndicaux ont une responsabilité. Les institutions religieuses ont une responsabilité. Les citoyens, tous ceux qui composent le peuple de France ont une responsabilité.

L’émergence inquiétante des fascismes, de la tuerie de Charlie hebdo au nom d’un islam qui n’aura jamais été tant trahi, de l’obscurité qui a entouré les manifs pour tous qui ont cru pendant des semaines et des mois expliquer à la société comment il fallait vivre, comment il fallait élever des enfants, comment il fallait faire l’amour également, de la victoire aux élections européennes du Front National de Marine Le Pen qui entremêle quotidiennement son positionnement anti-système à des revendications nauséabondes, peine de mort, stigmatisation aigüe et odieuse de l’étranger, de l’immigré, à la médiatisation sans précédent de penseurs sionistes ou islamophobes, à l’image de Houellebeck, Zeymour ou Finkelkraut, nous n’avons jamais tant été agressés, bafoués, pris pour des débiles, des assistés de la pensée.

Il faut dire que le terrain n’a jamais été aussi favorable. L’émergence des fascismes de toute nature, et surtout leur rapprochement, car sous couvert  de revendications différentes, voire opposées, ils servent les mêmes intérêts, les mêmes objectifs, ceux de casser le progrès pour laisser triompher la haine et de supprimer les libertés individuelles au profit d’un fantasme totalitaire.

Ce terrain favorable, c’est celui que Gramsci a décrit dans une citation effrayante d’actualité. « La crise, c’est quand le vieux monde se meurt, quand le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur, surgissent les monstres ». Citation aussi effrayante qu’elle porte en elle l’inexorable mouvement humain qui doit mener au progrès et à l’émancipation.

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