La question d'Ivry-ma-Ville du mois de mai était posée par le groupe des GRECS : « L'amendement au projet de loi de fin de vie demandant la possibilité, comme dans des pays voisins, d’une assistance médicalisée active à mourir a été refusé. Ne faut-il pas revenir sur ce refus ?». Pour le groupe Front de Gauche, Patricia Gambiaisio, maire adjointe aux retraités, a répondu.


Le débat sur l’euthanasie mobilise et clive profondément les citoyens comme les différentes organisations politiques. Il fait partie de ces grands sujets de société qui transcendent même les habituels clivages politiques et idéologiques. D’autre part, quand bien même l’on considère cette question hors de tout cadre religieux ou métaphysique, il n’en demeure pas moins que le rapport à la mort est, dans nos sociétés occidentales, sinon parfois tabou, du moins fortement sacralisé. Il est donc difficile ici de trouver un liant, au-delà des dissensus manifestes.

La proposition, tout comme le rejet de cet amendement, en est d’ailleurs révélateur puisque les prises de position des uns et des autres dépassent leur appartenance à un groupe politique. Mais le projet de loi sur la fin de vie, adopté par l’Assemblée nationale en mars dernier, constitue une avancée indéniable en ouvrant le droit à la sédation profonde et l’arrêt de tout traitement. En revanche, cette loi ne va pas jusqu’à autoriser l’euthanasie bien qu’elle conforte et renforce les dispositions prises par la loi Léonetti en 2005 et jusqu’à ce jour partiellement appliquées.

Mais si l’on peut juger une société à la façon dont elle accompagne ses mourants, il est alors impossible de considérer la question à travers le seul prisme de l’euthanasie. Les soins palliatifs ont à cet égard un rôle essentiel et doivent être profondément développés. Aujourd’hui encore, la formation des personnels soignants, les conditions de travail et les moyens alloués ne permettent pas de répondre convenablement à la souffrance des personnes en fin de vie ainsi que de leur famille.

Et les orientations politiques prises ces dernières années, tant par la droite que par le gouvernement socialiste, ont considérablement affaibli les hôpitaux publics et donc la prise en charge des personnes. C’est une nouvelle coupe de 10 milliards d’euros dans le secteur de la santé dont 3 milliards dans le secteur hospitalier que le gouvernement vient d’annoncer.

Comment dès lors convenablement envisager le débat sur le droit à mourir dans un contexte de dégradation de l’offre publique de soins et de marchandisation du secteur hospitalier, tenu lui aussi à un impératif de rentabilité ? Pour aborder la question de l’euthanasie, ne devrait-on pas poser comme préalable le développement, l’amélioration et la pérennisation de notre système public de santé et notamment de l’hôpital ?

Pour notre part, il va de soi que l’accès aux soins et le bien vieillir doivent être des priorités politiques claires et les réponses apportées celles du service public. C’est notamment pour relever cet enjeu, à notre échelle locale, que nous agissons fortement pour le maintien et le développement de l’hôpital Charles Foix, véritable pôle d’excellence en matière de gériatrie.