Tribune Ivry-Ma-Ville Janvier 2012 - question des élus de droite :
« L’ANRU prescrit, pour le renouvellement urbain Gagarine-Truillot, d’aller vers une mixité sociale avec un maximum, à terme, de 40 % de logements sociaux. Qu’entendez-vous par mixité sociale et quelle est votre position ? »

Romain Marchand pour les élus communistes et partenaires :

Ils sont astucieux, nos collègues de droite : en posant une question sur Gagarine-Truillot, veulent-ils montrer qu’ils s’inquiètent de l’avenir du quartier et faire oublier que certains d’entre eux n’ont pas voté la délibération sur le projet ANRU au dernier conseil municipal ?
Quant à la question en elle-même, la manière dont ils la formulent donne une petite idée de leur réponse : en liant « mixité sociale » et « Gagarine-Truillot », sans doute veulent-ils insinuer qu’Ivry est une ville trop populaire.
La mixité sociale, c’est d’abord une ambition : celle d’une ville qui fait une place à chacun, quels que soient ses moyens ou son origine sociale. Celle d’une ville qui fait de sa diversité une richesse.
Or, quel est le « mouvement naturel » en cours aujourd’hui, en France et particulièrement en région parisienne ? La flambée des prix, aussi bien pour louer que pour acheter, relègue les plus modestes de plus en plus loin des grandes agglomérations. Et tant que règnera la seule loi du marché, il n’y a pas de raison pour que cela change.
Alors, la mixité sociale, c’est aussi un combat pour contrecarrer la loi du marché et permettre aux classes populaires de continuer à habiter une ville de première couronne de la région parisienne.
Ce combat, nous le menons du mieux possible à Ivry :
- en consacrant, chaque année, un part importante du budget communal à la maîtrise de l’aménagement de la ville, pour imposer qu’il y ait des logements sociaux dans les nouvelles constructions : acquisition de terrains, équilibrage financier des projets…
- en réservant 30 % des attributions de logement sociaux aux jeunes et en leur permettant de s’inscrire sur les listes de demandeurs de logement dès 16 ans, parce que nous pensons qu’il est vital pour une ville de permettre aux jeunes d’y envisager leur avenir.
Mais c’est un combat qui doit aussi se mener à une tout autre échelle ! C’est pour cela que nous portons la proposition d’un grand service public national du logement, de l’habitat et de la ville, autour d’une vision radicalement nouvelle : le logement social, ce ne doit plus être le logement du pauvre, mais bien le logement universel, de qualité et accessible à tous.
Nous proposons ainsi de supprimer les surloyers issus de la loi Boutin, de construire massivement des logements sociaux en imposant un minimum de 25 % dans toutes les villes (30 % dans les zones tendues) et en mixant systématiquement habitations, services publics, activités économiques et associatives. En un mot, avec la mixité au sens large du terme, nous voulons reconquérir le droit à la ville pour toutes et tous.
Le projet Gagarine-Truillot, quant à lui, va bien dans ce sens : en mixant les fonctions et les types de logements, il contribuera à augmenter l’offre de logements sociaux pour répondre aux besoins des habitants, tout en diminuant la proportion de logements sociaux dans le futur quartier qui sera de 40 %.