Aujourd’hui, à Paris on ne trouve pas de studette de 9m2 à moins de 400euros, pour 500 euros on n’a pas plus que 15m2, alors que le Smic dépasse à peine les 1 000 euros. Dans le budget des ménages, seul ou à deux, le logement est de loin le premier poste de dépense, atteignant parfois plus de la moitié du salaire. Inexorablement, les prix de l’immobilier flambent, particulièrement en région parisienne. Au principe d’exclusion sociale s’ajoute une ségrégation territoriale.

Et pourtant, la France n’a jamais produit autant de richesses ; pourtant des immeubles entiers sont rachetés par de grands propriétaires, quasi actionnaires, par des magnats de l’immobilier qui ne voient que leur enrichissement quand des gens dorment dehors ; pourtant des logements sont vides, des bureaux vacants. Le droit au logement est un droit fondamental de l’être humain : aujourd’hui il est plus que jamais en danger.

La Ville d’Ivry a toujours défendu ce droit essentiel à chacun. Avec une politique de logement social volontariste pour permettre à tous l’accès au logement digne en préservant et défendant la mixité sociale. Sur ce point, permettez-moi de souligner que le maintien du SLS (supplément de loyer de solidarité) et la limitation dans la construction de logements dit PLAI est une entrave à cette volonté de maintenir dans nos cités une mixité sociale garante du mieux vivre ensemble et  du refus de la ghettoïsation. 
Avec une politique de développement urbain qui met au cœur cette question du logement, les liens entre PLU et PLH le démontre.

La présentation qui vient d’être faite en donne une bonne idée. Les efforts que nous faisons touchent des leviers importants et divers :
•    Des aides et subventions aux bailleurs et acteurs du logement social pour favoriser la construction ;
•    Des aides aux propriétaires pour lutter contre l’habitat indigne ;

Nous apportons également un soutien particulier à l’Office Public de l’Habitat, sous différentes formes, parce que nous sommes convaincus que seule une politique publique d’ampleur nationale peut lever les barrières du marché. A ce titre, l’une des priorités du quinquennat affichée était le logement. Les deux lois portées par  Cécile Duflot, même en dessous des attentes, allaient dans le bon sens, notamment avec l’augmentation du pourcentage de logement social porté de 20 à 25%, les cessions de terrain à l’Etat et surtout l'encadrement des loyers et la garantie universelle des loyers contre la précarité.

Nous sommes donc particulièrement inquiets par les dernières déclarations du gouvernement sur des « assouplissements » à ces textes de lois.  D’ores et déjà, la garantie universelle du loyer a été mise à mal et renvoyée au minimum à 2016 : les propriétaires ne seront pas tenus à y recourir et pourront maintenir le principe de la caution, handicap important dans l’accès au logement. 

Le plafonnement des frais d’agence est également en suspens, aucune information précise n’est donnée, alors que seuls 300 000 logements ont été construits sur les 500 000 annoncés comme objectif par François Hollande, dont 150 000 logements sociaux.

Une grande loi sur le logement est nécessaire, il y a urgence. Une loi qui aille plus loin que la loi ALUR, car celle-ci ne remet pas en cause les fondements de la crise actuelle du logement :

  • Rien sur la taxe sur les bureaux vacants,
  • Rien sur le doublement de l’ « aide à la pierre » pour favoriser la construction
  • Rien sur le prêt à taux zéro pour les offices HLM


Enfin, je crois que nous pouvons également être très inquiet concernant le projet de loi, sur la territorialisation, et sur « l’urbanisme dans une perspective de transition écologique des territoires », qui prolonge et renforce les dispositifs antidémocratiques du projet de loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles.

Sous prétexte de déplacer le curseur de la responsabilité à un échelon censé être plus efficace, cela ne fera en réalité que diluer cette responsabilité, et ne mettra en aucune manière devant leurs responsabilités les communes qui refusent aujourd'hui de répondre aux besoins. Les politiques successives de décentralisation conjuguées aux réformes d’austérité de l’Etat ont pour objectifs à plus ou moins long terme d’asphyxier  les collectivités territoriales. Déposséder les villes de leur maitrise foncière, réduire leur capacité d’investissement remettront en cause de façon inéluctable leur capacité à construire du logement social.

Saper la démocratie locale et entériner le désengagement financier de l'Etat ne permettront pas de s'attaquer à la crise du logement.  Au regard des arguments exposés ci-dessous, le groupe front de gauche, communistes et partenaires approuve l’ensemble des délibérations destinées à améliorer l’habitat social ivryen.
Je vous remercie.