Ceci étant, peut-être cela permettra de leur éviter d’écrire dans leur programme politique des inepties, je cite : « Ivry autrement (…) c’est maintenir le nombre actuel de logements sociaux et s’opposer catégoriquement au projet déclaré de l’actuelle municipalité d’atteindre bientôt 60% de logements sociaux (50% actuellement) ». 50%, c’est beau, c’est rond, ça fait moitié-moitié, mais c’est faux. On est autour de 38%.

Alors, au nom d’une pratique démocratique (dont on attend encore la démonstration dans les villes gérées par la droite), il faudrait que l’opposition soit partout, tout le temps, dans la gestion municipale ?! Désolé de vous le rappeler, mais vous n’êtes pas la majorité, vous n’avez pas eu la confiance des Ivryens, rien n’oblige, ni juridiquement, ni éthiquement, ni démocratiquement, que vous siégiez dans toute instance, par principe.

En réalité, en creusant un peu, derrière le vernis démocratique se cache l’éternelle et sempiternelle question de la transparence ! C’est le soupçon permanent, que vous entretenez largement, de clientélisme, de favoritisme, allant jusqu’à dire que la commission d’attribution de l’OPH n’est qu’une « chambre d’enregistrement » de décisions obscures des élus. Mais non, l’OPH n’est pas OPAC et les attributions ne sont pas EPIC !! Et s’il fallait avoir sa carte au PCF pour avoir un logement, comme on a pu l’entendre de certains, et ben ça en ferait des militants communistes !

Plus sérieusement, une fois qu’on a dit tout cela, nous ne sommes pas non plus fermés à l’idée : l’information et la représentation des « minorités », le Front de Gauche y est largement favorable et nous connaissons particulièrement bien le sujet dans nombre de collectivités. Mais, rappelons pour commencer que le CA de l’office n’est pas une commission d’attribution, mais l’organe délibérant de sa politique générale. Ensuite que sa composition comprend un nombre limité d’élus représentants la collectivité, en l’occurrence 6 : il est normal que la majorité y soit représentée dans sa diversité, c’est quand même elle qui porte la responsabilité de la gestion. Il restait une place, nous avons choisi, Pierre Gosnat à l’époque, de l’ouvrir à l’opposition ce qui ne se fait pas dans toutes les villes, loin de là ! Mais pas n’importe laquelle : au groupe socialiste dont on peut attendre, malgré la politique gouvernementale actuelle, un attachement particulier aux ambitions politiques locales dans ce domaine.

Enfin, nous avons pris l’engagement dans notre programme Ivry au cœur de créer une commission tripartite sur le logement social : l’objectif est précisément de refixer collectivement, avec des élus de tous les groupes politiques du conseil municipal, d’associations pour le droit au logement et de demandeurs de logement tirés au sort, les règles et critères d’attribution pour les adapter au plus près des besoins qui évoluent sans cesse. Notons que cette commission a été créée, le travail a déjà commencé.

Alors, parlons franchement : au regard de tout cela, sur la question démocratique de la place de l’opposition municipale (puisque c’est le seul argument invoqué dans cette délibération), je crois qu’à Ivry nous n’avons pas à rougir, loin de là ! Je rappellerai simplement la refonte du règlement intérieur de notre conseil, travaillé pendant plusieurs mois, pour lequel nous avons sollicité le concours des élus de l’opposition : nous avons été jusqu’à rechercher ce qui se faisait de « mieux » dans d’autres collectivités, et avons intégré plusieurs propositions dans ce règlement qui a d’ailleurs été reconnu largement comme « très avancé » démocratiquement parlant.

Bref, je ne vais pas en rajouter, nous sommes contre cette proposition à nos yeux démagogique et gorgée de sous-entendus inutilement polémiques.

Je vous remercie.