- Comment envisager une mise en œuvre de TAP qui garantisse, sécurité, qualité, faisabilité : quid des locaux disponibles et partagés ? quid de la formation des personnels (pour initier aux langues vivantes, il faut être spécialiste, non ?! et n’est ce pas la compétence des enseignants) ? quid de la gestion des flux ? quid de la nécessité d’un « retour au calme » ? quid du financement d'un tel dispositif ? Nous pensons, et cela semble être une opposition de fond,  que les journées des élèves sont déjà très chargées. Le temps du midi doit être un temps de ressourcement, qui permette de mieux manger, de se détendre, de se reposer, et c’est le sens des activités « libres » et diversifiées que nous proposons.

Ensuite, concernant le choix du samedi matin, des grands objectifs ont également été définis qui font l’objet de l’évaluation en cours :
  • Maintenir la journée extrascolaire du mercredi permettant de faire une pause utile dans les apprentissages scolaires, de poursuivre ainsi la mise en œuvre des projets de centres de loisir, l’utilisation du Bréau; (pour rappel, 25 % des enfants ivryens fréquentent les centres de loisirs le mercredi)
  • Maintenir l’ensemble de l’offre sportive, culturelle et associative de la ville avec près de1 500 enfants concernés ;
  • Eviter la rupture de rythme importante vécue par les enfants durant les deux jours de week-end ; 
  • Favoriser le lien entre parents et enseignants.

Nous savons que ce choix a généré et génère encore de l’insatisfaction et personne ici ne la nie. Mais en retour vous ne pouvez nier non plus ce que nous rapportent les enseignants sur cette matinée si particulière très propice aux apprentissages, plus calme, qui permet l'investissement des familles, la reconquête de ce lien perdu. Personne ne se satisfait non plus de l'absentéisme encore trop important en maternelle notamment (dans notre ville comme dans les villes qui ont choisi le mercredi matin), je rappellerai ici que l'école n'est pas une option !

Sur l’intérêt d’harmoniser les jours de travail sur un même bassin de vie. Pourquoi ne pas l’avoir pas décidé dans le cadre de la loi, nationalement, plutôt que de laisser les villes se débattre et ainsi territorialiser l'Education Nationale. C’est précisément ce que nous demandions !

Nous sommes dans une phase de mise en œuvre d’une organisation qui nécessite, par principe, une évaluation fine et globale à la fois pour produire des améliorations, au-delà des ajustements réalisés « en avançant ». Bien sûr, tout n’est pas parfait, et nous avons encore beaucoup à faire pour améliorer les articulations temps scolaires/temps périscolaires, les temps de repos du midi, l’utilisation des ressources internes pour développer des projets, la formation des animateurs, fluidifier les ateliers-études du soir…

C'est bien pour cela que nous avons posé des cadres d’évaluation. Un premier point d’étape a été présenté lors du dernier comité de pilotage du PEDT et qui a permis de poser les choses en dynamique. Nous avons ouvert des chantiers qu'il nous faut maintenant mener : un journal des écoles, un travail particulier sur nos outils de communication, des réunions et des formations partagées enseignants-animateurs, une étude scientifique sur les temps de l'enfant etc .... Nous réfléchissons également, car il faudra en passer par la, à une revalidation collective de cette organisation et des actions produites sur les différents temps, nous proposerons que le comité de pilotage en détermine les modalités. 

Il est important d’ajouter que cette réforme de l’Education Nationale avait un objectif principal : lutter contre les inégalités scolaires en portant la réussite de tous les élèves. Or, à l’heure actuelle, en dehors des déclarations ministérielles sur l’apprentissage de la lecture en CP plus fracassantes que réalistes, les acteurs de l’institution dans leur globalité reconnaissent qu’ils ne disposent pas d’outils pour évaluer cela, encore plus sur des temps aussi courts qu’une ou deux années.

L’école et les questions éducatives en général, sont au cœur de nos préoccupations. Mais si les rythmes concentrent l’attention, cela ne doit pas nous détourner des enjeux véritables et bien plus grands sur le sens de l’école et de son avenir. J’en veux pour preuve le passage en force et la publication du décret sur la réforme des collèges qui ne peut être lu que comme une provocation de plus de la part d’un gouvernement « rouleau compresseur ». Cette réforme nécessite de vrais débats et nous interpelle globalement quant aux mesures concrètes et aux moyens véritablement mobilisés au-delà des discours pour former des citoyens émancipés et accompagnés par un véritable service public d’éducation.

Alors nous ne lâcherons pas nos revendications pour un mieux d’école pour tout le peuple de France pour lutter contre les inégalités, obtenir les conditions et les moyens de la réussite de tous, et avancer sur le bien être des enfants dans l’école, assez absent du projet présenté ce soir ! Nous sommes malheureusement bien loin du compte avec cette délibération, le groupe Front de gauche ne la votera pas. Je vous remercie.