Rappelons tout de même que la majorité du projet ne touche pas l’habitat, mais du bâti industriel, commercial ou du foncier non bâti.

Ceci étant, depuis le début du projet, toutes ces interrogations et ces angoisses ont été prises en compte. Daniel, puis Romain, et l’ensemble des agents des services municipaux engagés ont à ce titre fait un vrai travail de concertation :

  • Dès juin 2009, une grande consultation a permis de faire émerger des discussions, des questions, des idées, bref d’enrichir le projet ;
  • Une MOUS a été engagée – Maîtrise d’œuvre Urbaine et Sociale – pour mieux connaître le public touché et cerner leurs besoins. Elle a mis en lumière des éléments tout à fait significatifs : si l’on en croit le panel interrogé, 30% des habitants impactés ont un revenu inférieur à 1 000 euros et 80% sont éligibles au PLAI. On perçoit mieux, par exemple, l’intérêt du bras de fer mené avec les services de l’Etat, au moment de l’élaboration du PLH, pour obtenir un financement des PLAI à hauteur de 20% au minimum, même si nous n’en avons obtenu que 10% ; 
  • Des réunions de concertation, des visites du quartier et des balades urbaines ont eu lieu : c’est dire la multiplicité et la diversité des formes de rencontre et d’échanges avec les habitants afin de tenter de toucher le maximum d’Ivryennes et d’Ivryens ; 
  • Aujourd’hui, l’avancée des discussions a fait apparaître la nécessité d’une Charte du relogement : sans être opposable, elle offrirait un engagement politique fort de la Ville pour l’accompagnement des habitants et l’assurance du relogement des citoyens concernés.Car la commande d’origine est bien que « tous ceux qui veulent rester à Ivry le puissent » ! L’idée est de prioriser, pour les foyers impactés, l’accession aux logements à prix maitrisés, en location ou à l’achat.

Car la commande d’origine est bien que « tous ceux qui veulent rester à Ivry le puissent » ! L’idée est de prioriser, pour les foyers impactés, l’accession aux logements à prix maitrisés, en location ou à l’achat.

Dissipons d’ailleurs quelques malentendus qui ont pu, ici ou là, donner lieu à des interprétations excessives :

  • jusqu’aujourd’hui, aucune expropriation (pour les propriétaires) ne s’est produite, puisque nous en sommes à la phase de préemption et de rachats : en revanche, sur 50 propriétaires impactés, 14 ont d’ores et déjà signé un contrat dans une future opération Confluences, et 6 sont en négociation, soit un total de 20 foyers.
  • 22 relogements (pour les locataires) ont été effectués entre 2012 et 2013, dont 15 par l’OPH.
  • En l’état actuel des demandes, sur la commercialisation des logements neufs, en moyenne 30 à 40% des acheteurs sont Ivryens, 20% Val-de-Marnais, 30% Parisiens, et 10% d’autres origines géographiques.

Ce n’est qu’un bout du chemin, mais il est considérable.

Des efforts sont encore à faire pour accompagner au mieux chacune et chacun, au cas par cas. Mais n’oublions pas que ce projet s’inscrit dans l’idée que l’action publique a du sens, qu’une politique d’aménagement urbain, portée haut, peut mener à la transformation nécessaire de nos territoires pour les adapter aux besoins des habitants : besoin de logement évidemment, d’emplois, besoin d’équipements publics, de commerces… Et besoin de cadre de vie agréable aussi : car la « verdure », comme on dit, n’est pas réservée aux riches ou aux « bobos », tout le monde y a droit : certes, il y a besoin de logements, mais nous ne pouvons pas transformer notre ville en cercueil de béton pour pauvres !

Soyons clairs : si nous ne faisons pas ces projets-là, d’autres le feront pour nous et sûrement sans nous ! Rappelons-nous qu’en 2008, le groupe Lafayette, dirigé par Ginette Moulin et sa famille (21e fortune de France en 2012 avec 2 milliards d’euros), prévoyait de vendre le terrain du BHV à Colony Capital, un fond de pension américain. Ce n’est pas une lubie de communistes, ils ne s’en sont pas cachés ! Alors si nous, élu-es communistes et partenaire, nous battons pour ne pas laisser la Ville à la merci des spéculateurs immobiliers, c’est bien pour que ce soient les Ivryennes et les Ivryens qui profitent de l’évolution de la Ville.

Enfin, est-il besoin de le rappeler, un projet d’aménagement urbain n’est pas un costume qu’on enfilerait à une personne : sans même parler d’intérêt général, il n’a pas vocation à satisfaire chacun dans son besoin individuel mais à répondre du mieux possible à l’ensemble des attente, sans frustrer ni léser personne. C’est un acte d’équilibriste, il faut bien le dire, et nous nous en sommes jusque là plutôt bien tirés ! Il faut donc continuer dans ce sens, dans l’écoute, le dialogue, pour construire ensemble notre Ville de demain.
Je vous remercie.