Je pense particulièrement aux parcours vers la nouvelle école dans un quartier « en chantier » peuplé de barrières, où de semaine en semaine apparaîtront de nouvelles rues, allées, mails, trottoirs, panneaux de signalisation. Plusieurs rencontres sont ainsi prévues :

  • un Conseil d’Ecole extraordinaire à JJR pour échanger sur cette question
  • deux rencontres avec les familles de l’OAC et de Dulcie qui connaîtront des changements d’affection.
  • Un courrier envoyé à chaque parent des écoles, qu’il change ou non de secteurs, afin de leur redonner toutes les informations nécessaires pour une bonne rentrée 2015. 
  • Un travail particulier avec le Service des Affaires familiales pour l’inscription des enfants à l’école.

Accompagner pour rassurer donc, pour faciliter aussi la mise en route d’un nouvel équipement structurant dans le quartier.

Dans ce travail de sectorisation, deux fils nous ont guidés en permanence :

- Répondre aux besoins d’accueil actuels, dans les conditions existantes, sans bouleverser l’équilibre des deux écoles du quartier : Dulcie-September et l’Orme au chat ;

- Et anticiper la livraison à venir du futur groupe scolaire pour éviter de reprendre l’intégralité de la sectorisation dans 5 ans

C’est important parce qu’à Ivry, nous portons de vraies ambitions concernant les critères qui définissent le choix des secteurs, contrairement à ce que j’ai pu entendre ou lire ici ou là. L’un des principes fondateurs en est la continuité des parcours : une maternelle irrigue une seule élémentaire, et une élémentaire irrigue un seul collège. Cela s’applique pour la quasi totalité de nos écoles et collèges.

Ce principe, unique dans son application au niveau départemental, permet de travailler aussi finement que possible sur les différents enjeux que nous portons.

Nous nous devons de respecter une cohérence géographique et territoriale, celle-ci va de la distance à parcourir pour chacun à l’équilibre des effectifs pour des conditions de travail confortables, en passant par le souhait de ne pas séparer une rue en deux ou pire deux immeubles d’une même cité ou résidence. Elle s’ajoute à la nécessité d’assurer la sécurité des enfants, notamment dans l’attention particulière aux trajets et parcours dans la ville ;
A cela s’ajoute une véritable exigence de mixité sociale, parce que nous pensons qu’elle est l’expression du bien vivre ensemble, outil de découverte de l’autre, apprentissage du respect et de la richesse des différences ; Il y a enfin l’ambition des cohérences pédagogiques et éducatives à tisser pour créer des ponts entre les établissements et dans nos accueils péri et extrascolaires. C’est le cas, par exemple, lorsque nous regroupons dans un seul centre de loisirs les enfants des écoles qui irriguent le même collège. Elles sont évidemment travaillées par les enseignants des écoles maternelles avec les élémentaires, et des élementaires avec les collèges, renforcé par la création d’un cycle CM1-CM2-6e dans la nouvelle loi Peillon.

Ces quelques principes favorisent, nous le croyons, les conditions de l’apprentissage, l’égalité, la réussite et l’émancipation des élèves d’Ivry en leur donnant des cadres clairs et stables. Pour atteindre ces objectifs, nous avons élaboré cette nouvelle sectorisation en partenariat avec les 5 directeurs des écoles d’Ivry-Port qui ont une connaissance précise, fine et pertinente des élèves et de leurs familles.

Ainsi plusieurs réunions ont eu lieu du mois de novembre au mois de janvier, pour affiner notamment les équilibres entre les différents groupes scolaires, éviter toute perte ou fermeture de postes pour les équipes en place, et garantir une vraie mixité sociale dans ce quartier qui abrite les populations les plus pauvres de la Ville. Je tiens ce soir à les remercier particulièrement pour leur attention, leur expertise et leur dynamisme qui a permis une qualité de travail collectif remarquable, avec les services de la Ville. Je me permets un petit clin d’œil à Mme Vallejo, nouvelle directrice de l’école maternelle Jean-Jacques Rousseau, pour son talent de cartographe qui nous a été bien utile!

Et justement, c’est une bonne transition pour évoquer la situation de la maternelle Jean-Jacques Rousseau. Vous l’avez vu, la proposition de découpage amène à la fermeture de cette école. Je comprends bien qu’il y a toujours une émotion particulière : l’école de nos enfants, c’est un peu comme une 2e maison ! On y passe tous les jours ou presque, nos enfants presque 1/3 de leur temps, on connaît les rues autour, les magasins, on discute avec les autres parents, on tisse des liens parfois on boit un café dans le bistrot du coin. Au fond, on s’habitue au lieu, à l’architecture même.

Néanmoins,  au regard de l’ouverture d’un troisième groupe scolaire qui ne peut être sous-occupé, le maintien d’une petite école maternelle isolée ne nous semble pas pertinent. Son coût de fonctionnement élevé avec les contraintes budgétaires que nous connaissons aujourd’hui a pesé, bien sûr, dans la balance. Sans parler des conditions d’accueil du « pôle tout petit », relativement difficiles en ce qui concerne le dortoir, qui obligent les enseignants et les équipes à monter les lits et pousser les meubles au moment de la sieste. Dans le même temps,  la réorganisation des temps scolaires et périscolaires, engagés cette année dans le cadre de la réforme du gouvernement, a fait resurgir des problématiques sur les horaires et les temps de trajet pour les familles ayant des enfants en maternelle et en élémentaire, pouvant nuire finalement au bon fonctionnement des différents accueils. Sans parler des dérogations abondantes vers Dulcie pour permettre le rapprochement des fratries ou faciliter les liens entre les familles.

C’est pourquoi nous proposons la refonte de la carte scolaire du secteur d’Ivry Port en 3 zones avec la fermeture de l’école maternelle Jean-Jacques Rousseau, comme vous pouvez le voir sur la carte dans vos sous-mains. Notons que les enseignants, comme l’a rappelé l’inspectrice de circonscription, seront prioritaires pour « postuler » sur la nouvelle école et qu’il en sera de même pour les agents municipaux : personne ne perdra son poste, c’est une exigence que nous portons.

La répartition dans les écoles se fera donc ainsi :

  • Pour Dulcie-September : 7 classes maternelle + 1 pôle pour les moins de 3 ans et 12 classes en élémentaire au lieu de 14 actuellement (2 classes utilisant des salles du centre de loisirs), ce qui permettra encore d’améliorer ces accueils ;
  • Pour l’Orme au Chat : 8 classes maternelles et 11 classes élémentaires, comme aujourd’hui. Il y a néanmoins la possibilité, en fonction des effectifs, que le « pôle tout petit » de Jean-Jacques Rousseau y soit transféré, au lieu d’une classe maternelle. C’est en réflexion : si les 8 classes maternelles s’avéraient nécessaires, le pôle serait affecté sur une école d’un autre quartier, sur le Petit-Ivry par exemple. Nous travaillons étroitement avec l’IA pour le déployer là où il sera le plus utile.
  • Pour le nouveau groupe scolaire, 5 classes maternelles et 5 classes élémentaires sont prévues, en fonction des effectifs. (8+12)

Il est clair que l’analyse des évolutions démographiques constitue un travail de prospective relativement complexe et repose bien évidemment sur des inconnus. Encore plus dans un quartier en pleine transformation. Immeubles démolis, construits, déménagements dans le quartier ou hors du quartier, arrivées prévues, imprévues, typologie des nouveaux logements (avec des compositions familiales plus prévisibles dans le logement social que dans le parc privé), vous pouvez imaginer la difficulté de cette prospective. Nous avons travaillé rue par rue, numéro par numéro pour s’approcher au plus près des réalités. Nous comprenons d’ailleurs l’inquiétude concernant la capacité d’accueil des 3 groupes scolaires jusqu’à l’ouverture de la 2e école d’IC en 2020 au regard des projections.

Le nouveau groupe scolaire ne sera à priori pas classé en « éducation prioritaire » pour les 4 années à venir, ce qui a une incidence sur le nombre d’élèves accueillis par classe. De plus, les démolitions de près de 350 logements n’ont pas été incluses dans la prospective d’effectif : or, nombre de familles y vivent aujourd’hui, toutes ne seront pas relogées nécessairement dans le quartier. J’ajoute que dans la perspective de la création d’une 4e école dans le quartier, il nous a paru important d’anticiper les choses et d’élaborer des secteurs cohérents dès aujourd’hui, adaptés aux besoins d’accueil prenant en compte la fermeture de la maternelle JJR, et qui ne nécessiteraient pas de tout bouleverser dans quelques années.
Ainsi, le secteur créé pour l’école Confluences est amené à être divisé en deux, les autres resteraient en l’état.
Je ne peux terminer sans évoquer deux éléments.

D’abord, le nom de cette future école, puisqu’une délibération en ce sens est soumis à notre vote ce soir : Nous avons comme à l’habitude avec la commission Mémoire formulé trois propositions au  choix des élèves de CM1 et CM2 de l’Orme au Chat. Il s’est porté très majoritairement sur Rosalind Franklin, femme scientifique à l’origine de la découverte de l’ADN que deux hommes se sont accaparés à ses dépends. C’est, je le crois, le signe d’une sensibilité particulière vis-à-vis de l’injustice et de la question du sexisme encore trop présent dans notre société.

Enfin, dans le cadre du projet art public, la galerie Fernand Léger met en place une résidence d’artiste pour la réalisation d’une œuvre. Attribuée à l’artiste Francisco Ruiz El Enfanté, lauréat de la bourse d’art d’Ivry, le processus de création de cette celle-ci intègrera les élèves de l’école après la rentrée de septembre.

Je ne vais pas être plus longue, j’ai donné de nombreux les éléments, et je répondrai volontiers à toutes vos questions. Je vous remercie de votre attention.